Activer un VPN sur tout son PC est rassurant, mais ce n’est pas toujours le réglage le plus pratique. Une application bancaire peut refuser une adresse IP étrangère, un service local peut devenir inaccessible ou un logiciel n’a simplement aucune raison de passer par le tunnel. Le split tunneling VPN, ou tunnelisation fractionnée, permet justement de choisir quelles applications utilisent le VPN et lesquelles accèdent directement à Internet.
⚡ TL;DR — L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- ✅ Le split tunneling sépare le trafic protégé par le VPN du trafic envoyé directement sur Internet.
- ✅ Sous Windows, Proton VPN, NordVPN et Surfshark proposent tous une forme de tunnelisation par application.
- ⚠️ Une application exclue du tunnel retrouve votre adresse IP publique habituelle et ne bénéficie plus du chiffrement du VPN.
- ⚠️ Le comportement avec le kill switch varie selon le VPN et la plateforme : il faut vérifier ce point avant de combiner les deux fonctions.
À quoi sert réellement le split tunneling ?
Un VPN classique crée un tunnel chiffré entre l’ordinateur et le serveur du fournisseur. Par défaut, l’essentiel du trafic réseau emprunte ce chemin. Avec le split tunneling, le client VPN applique des règles pour séparer les flux : certains passent dans le tunnel, d’autres utilisent la connexion Internet normale.
Il existe généralement deux logiques. Le mode exclusion protège tout par défaut, sauf les applications ou adresses explicitement exclues. Le mode inclusion fait l’inverse : seules les applications choisies utilisent le VPN. Pour un PC personnel, le mode exclusion est souvent le plus facile à raisonner, car une nouvelle application reste protégée tant qu’on ne décide pas volontairement de la sortir du tunnel.
Les cas où le split tunneling est vraiment utile
Le premier cas est l’accès à un service qui réagit mal au changement d’adresse IP. Une application bancaire, un service d’entreprise ou un site fortement géolocalisé peut demander davantage de vérifications lorsqu’il voit arriver une connexion depuis un serveur VPN. Plutôt que de couper complètement le VPN, on peut exclure uniquement l’application concernée.
La fonction est également pratique pour les ressources du réseau local. Imprimantes, NAS, outils d’administration ou applications de découverte réseau ne se comportent pas tous de la même façon derrière un VPN. Avant d’exclure une application, vérifiez toutefois les options d’accès au LAN proposées par votre client VPN : elles peuvent suffire sans modifier le routage Internet.
Enfin, le split tunneling peut servir lorsqu’une application à fort débit n’a pas besoin du VPN, tandis que le navigateur ou d’autres logiciels doivent rester protégés. L’intérêt n’est pas de promettre un gain de performances systématique, mais d’éviter un détour réseau inutile pour les flux que vous avez consciemment choisi de ne pas protéger.
Comment le régler sous Windows
Les intitulés changent selon les fournisseurs, mais le principe reste proche. Dans Proton VPN, le réglage Split tunneling permet sous Windows d’utiliser un mode d’exclusion ou d’inclusion et de sélectionner des applications ainsi que des adresses IP. Après modification, Proton demande d’appliquer les changements ou de reconnecter le VPN.
NordVPN propose également le split tunneling sous Windows 10 et 11 : on active la fonction dans les paramètres puis on ajoute les applications à exclure. La documentation actuelle précise que la sélection peut être faite parmi les applications ouvertes ou en parcourant les programmes installés.
Chez Surfshark, la fonction porte le nom de Bypasser. Sous Windows, elle peut exclure certaines applications ou certains sites du VPN ; un mode inverse permet aussi de ne faire passer que des applications choisies par le tunnel.
Le piège : ce qui sort du tunnel n’est plus protégé par le VPN
Le split tunneling n’est pas une protection supplémentaire : c’est une exception volontaire à la protection. Une application exclue communique avec Internet via votre connexion habituelle. Les sites et services qu’elle contacte voient donc l’adresse IP publique de votre accès Internet, et son trafic ne bénéficie plus du tunnel chiffré du VPN.
Il vaut donc mieux exclure le minimum nécessaire. Évitez notamment de sortir du tunnel une application utilisée précisément parce que vous souhaitez masquer votre adresse IP ou protéger son trafic sur un réseau Wi-Fi non maîtrisé.
Split tunneling et kill switch : attention à l’interaction
Le kill switch VPN bloque le trafic lorsque le tunnel tombe afin d’éviter une fuite accidentelle. Son interaction avec le split tunneling dépend du logiciel et du système. Proton VPN indique par exemple que sous Windows son split tunneling peut fonctionner avec le kill switch, alors que la compatibilité n’est pas identique sur toutes ses plateformes.
Cette nuance est importante : ne transposez pas un réglage Windows à macOS, Linux ou Android sans consulter la documentation de votre fournisseur. Après une mise à jour majeure du client VPN, il est également prudent de vérifier que vos règles d’inclusion et d’exclusion sont toujours présentes.
Un réglage simple pour commencer
Si votre objectif est simplement de résoudre une application qui refuse de fonctionner avec le VPN, commencez par le mode exclusion : laissez le VPN protéger le PC par défaut et ajoutez uniquement cette application à la liste des exceptions. Reconnectez ensuite le VPN, relancez l’application si nécessaire et vérifiez son fonctionnement.
Pour aller plus loin sur les mécanismes de protection complémentaires, consultez également notre guide VPN et vie privée. Le split tunneling est surtout intéressant lorsqu’il résout un besoin précis ; l’activer partout sans raison augmente simplement le nombre d’exceptions à surveiller.
Sources
- Documentation Proton VPN : configuration du split tunneling et notes de version Windows.
- Documentation NordVPN : Split Tunneling sous Windows 10 et 11.
- Documentation Surfshark : Bypasser sous Windows.