L’Europe aime brandir ses grands textes réglementaires pour rappeler aux GAFAM qu’ils ne sont pas en terrain conquis. Mais cette fois, c’est la Federal Trade Commission (FTC) américaine qui hausse le ton. Son président, Andrew Ferguson, a averti les géants de la tech. Se plier aux régulations européennes et britanniques, comme le Digital Services Act (DSA) ou l’Online Safety Act, ne doit pas se faire au détriment de la protection des données des citoyens américains.
Derrière cette posture, un message limpide. Les États-Unis ne laisseront pas Bruxelles dicter la manière dont leurs entreprises traitent les données de leurs concitoyens.
La FTC sonne l’alarme face aux lois européennes
Le 21 août 2025, Andrew Ferguson a convoqué Apple, Google, Amazon, Meta, Microsoft et consorts. Le but était de leur rappeler que la Section 5 du FTC Act proscrit toute pratique déloyale ou trompeuse. Traduction : si, pour respecter les lois européennes, les plateformes affaiblissent les standards de protection des données côté américain, elles s’exposent à des sanctions.
La FTC ne s’oppose pas aux régulations étrangères en soi. Mais elle refuse que les GAFAM adoptent une politique unique qui « tirerait vers le bas » la protection des utilisateurs américains. Ferguson a invité les dirigeants de la tech à venir s’expliquer directement devant ses services.
Une Europe ambitieuse… mais impuissante ?
Du côté européen, on se félicite de faire trembler la Silicon Valley avec des acronymes ronflants — DSA, DMA, IA Act, et compagnie. Mais soyons honnêtes : Bruxelles souffle bien fort dans sa trompette, sans jamais vraiment contrôler la partition. Les amendes pleuvent, certes, mais elles sont absorbées comme une taxe supplémentaire par des entreprises qui pèsent parfois plus que des États entiers.
Et quand Washington tape du poing sur la table, l’Europe baisse vite la tête. On l’a encore vu récemment avec le Royaume-Uni, sommé par les Américains de retirer sa demande de « backdoor » dans iCloud. Résultat : Londres a plié. Pas de surprise, donc, si l’UE finit par suivre la même voie.
Le retour de Trump, l’épouvantail européen
L’histoire pourrait vite se corser : sous la présidence de Donald Trump, inutile de rêver à une belle coopération transatlantique sur le numérique. Le ton musclé de la FTC n’est sans doute qu’un avant-goût. On peut déjà imaginer le président menacer de représailles commerciales pour faire plier Bruxelles.
En clair, dans ce bras de fer, l’Europe a beau multiplier les règlements et les postures, elle n’a ni l’arsenal économique, ni la puissance diplomatique pour rivaliser avec Washington. Et les géants de la tech, eux, savent très bien de quel côté leur pain est beurré.