SAN ou NAS – Quelle est la différence?
Récemment mon responsable informatique me demandait les différences entre un SAN et un NAS. S’il a bien compris que les dans les 2 cas nous parlions de stockage, le contexte marketing avait légèrement tendance à l’embrouiller.
SAN
Le SAN, Storage Area Network, est un réseau haute disponibilité dédié au stockage composé de 2 éléments principaux : Des switchs FC (Protocole Fiber Channel) et un système de stockage.
Le réseau de switchs FC constitue une Fabric.
Le système de stockage, généralement constitué de 2 processeurs de contrôle (Storage Processor – SP) et de baies de disques (Enclosures) est directement connecté au Fabric.
Tous les composants du SAN sont généralement redondés afin d’assurer le maximum de tolérance de pannes : 2 switchs, 2 processeurs de contrôle, 2 alimentations, 2 batteries pour le cache, des grappes de disques en RAID 1, 5, 10 ou 50, …
L’accès à un SAN se fait traditionnellement selon le protocole FC, un protocole sans perte (loosless), permettant d’atteindre des débits de 2 à 20GB/s. Un client (Serveur, Bandothèque, Blade Center, …) devra être obligatoirement équipé d’une carte HBA (Host Bus Adapter) pour pouvoir accéder au système de stockage.
Afin de rendre le SAN financièrement plus accessible, les fabricants proposent également des configurations basées sur le protocole iSCSI en lieu et place du protocole FC. Le protocole iSCSI est encapsulé dans les trames TCP/IP. Il s’intègre alors tout naturellement au réseau Ethernet existant sans investir massivement dans des switchs FC et des cartes HBA très coûteuses. Les clients accèdent au SAN par l’intermédiaire d’un simple pilote iSCSI.
Même si les baies de stockage basées sur iSCSI n’ont aujourd’hui plus grand chose à envier au FC (au grand dam des fabricants …), une mauvaise implémentation peut rapidement se traduire par une dégradation des performances.
Depuis quelques années un autre protocole fait parler de lui, le FCoE (Fiber Channel Over Ethernet). Tout est dit dans le nom, tout comme le iSCSI, avec FCoE, le protocle FC s’invite sur le réseau Ethernet, mais avec une très grosse différence : Il n’est pas encapsulé dans des trames TCP/IP ! C’est toujours ça de gagné non
! Par contre il nécessite l’acquisition de cartes Ethernet spécifiques (Adaptateurs CNA) et de switchs FCoE.
Le SAN à également d’autres fonctionnalités plus ingénieuses les unes que les autres comme la possibilité de cloner un volume de plusieurs téras en un instant , la possibilité de copier un volume localement ou vers un autre SAN, ou encore de le répliquer en mode synchrone ou en asynchrone. La possibilité également d ‘écrire simultanément sur 2 volumes distants de plusieurs dizaines de km et en présenter qu’un au client (grâce à la virtualisation de stockage).
Le SAN permet ainsi la mise en oeuvre d’architectures très complexes. Par exemple imaginez une entreprise souhaitant dans le cadre de son plan de reprise d’activité (PRA) que son système d’information soit dupliqué sur un site de secours afin de palier à un sinistre du site principal? Et que pour couronner le tout cette bascule soit transparente pour l’utilisateur final ! Grâce aux technologies portées par les SAN c’est bel et bien possible !
NAS
Le NAS, Network Attached Storage, est en quelque sorte un serveur spécialement configuré pour la gestion d’un espace de stockage à destination de clients hétérogènes.
Directement connecté au réseau Ethernet de l’entreprise, on le trouve sous différentes formes : Boitier autonome (Une “appliance”), Serveur pré-packagé ou encore sous la forme de tête NAS (Dans ce cas spécifique, le NAS est branché d’un côté sur le réseau Ethernet et de l’autre à un SAN car il ne possède pas de stockage).
Contrairement au SAN sur lequel sera connecté des serveurs nécessitant de très hautes performances d’accès au système de stockage, le NAS s’adresse à une plus grande palette de clients à travers une panoplie de protocoles : CIFS, NFS, FTP, …
Ces protocoles ne nécessitent pas l’ajout de matériel additionnel sur les clients. Qu’ils soient sous Windows, Apple, Linux, Unix, AIX, … ils pourront accéder nativement au NAS.
Un NAS se configure et se gère généralement depuis une interface WEB depuis laquelle sera proposée, pour les plus complets, un système de gestion des accès, de gestion de quotas, de sauvegarde automatisée, de réplication, etc …
Pour conclure
Aujourd’hui les 2 mondes ont fortement convergé. Les SAN intègrent parfois les mêmes protocoles que les NAS et inversement. Dans le très haut de gamme il n’est pas rare de retrouver un même modèle de baie dans les catégories SAN et NAS du fabricant (Le fameux contexte marketing dont je parlais en introduction …). Plus modestement même un NAS à quelques milliers d’euros propose parfois le protocole iSCSI et permet ainsi de monter des volumes locaux sur un client. Alors comment orienter votre choix ? Seul votre contexte et la vision que vous avez du futur de votre système d’information permettra de répondre. La première question à se poser serait peut être “Qu’est ce que je veux faire exactement et en quoi ces 2 technologies pourraient m’aider à y arriver?”
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